La compression du nerf cubital au coude

Définition :

Il correspond à une compression du nerf cubital (ulnaire ) le long de son trajet au niveau du coude.

Mécanisme :

L’atteinte du nerf ulnaire au coude est due à des phénomènes de compression directe du nerf, des phénomènes de traction ou élongation du nerf lors de la flexion du coude et à une éventuelle instabilité physiologique du nerf.

Le plus souvent ce syndrome est sans cause retrouvée et favorisé par certains facteurs tels que les mouvements répétitifs et appuis prolongés sur le coude, le diabète, la dénutrition, certaines pathologies rénales.

Des maladies rhumatismales ainsi que l’arthrose et des antécédents de traumatismes au niveau du coude sont également des facteurs favorisant la survenue de ce syndrome.

Les symptômes :

Les signes sensitifs sont les premiers à apparaître.

Il s’agit de fourmillements pouvant être douloureux au niveau des 4èmeet 5èmedoigts, initialement intermittents puis permanents, à recrudescence nocturne.

L’appui, la flexion prolongée du coude ou les activités répétitives de flexion et extension du coude aggravent les symptômes.

Dans les formes plus sévères une perte de sensibilité voir une anesthésie peuvent survenir ainsi que des signes moteurs (sensation de maladresse dans les doigts).

A un stade plus tardif, on peut observer une amyotrophie de la main avec un aspect de main griffe ulnaire au stade extrême.

Examen complémentaire :

L’électromyogramme (EMG) est l’examen complémentaire essentiel.

Il permet de confirmer le diagnostic, de localiser le niveau de la compression et de rechercher une anomalie sur les autres nerfs du bras.

Le traitement :

  • Le traitement médical :

Il est réservé aux formes débutantes, intermittentes, peu sévères, sensitives pures et d’origine idiopathique.

Ses objectifs sont de ralentir la progression de la maladie et d’en diminuer la sévérité.

Il repose sur le port d’une attelle rigide de repos nocturne fixée entre 40 et 60° de flexion, des techniques de mobilisation dynamique du nerf, ainsi qu’une modification et une adaptation des gestes quotidiens et de l’activité professionnelle.

Les infiltrations de corticoïdes n’ont pas d’indication dans cette pathologie.

  • Le traitement chirurgical :

Il est indiqué en cas d’échec d’un traitement médical bien conduit pendant au moins 6 mois ou dans les formes sévères d’emblées et/ou d’origine secondaire.

Il consiste en une neurolyse du nerf ulnaire pouvant être associée à une transposition antérieure sous-cutanée en cas de nerf instable.

En cas d’épitrochlée saillante (saillie osseuse sur le bord interne du coude), une épitrochléectomie est réalisée associée à une neurolyse.

Evolution postopératoire :

L’évolution est souvent marquée par la disparition rapide des douleurs et des troubles sensitifs dans les formes débutantes. Les troubles peuvent persister plusieurs semaines dans les formes évoluées.

Complications spécifiques au nerf cubital :

– amélioration incomplète : dans les formes évoluées ou sévères. Un manque de force et une perte de sensibilité peuvent persister.

– lésions nerveuses d’origine chirurgicale : exceptionnelles

– douleurs au niveau de la cicatrice : elles disparaissent à l’aide de massage et physiothérapie

– persistance d’une tendinite au coude