Chirurgie arthroscopique du Groupe Main Provence

L’arthroscopie de poignet est une technique mini invasive relativement récente, mais parfaitement validée dans de nombreuses indications. Elle permet une exploration relativement complète des différents compartiments de l’articulation et le traitement de nombreuses lésions.

Déroulement d’une Arthroscopie

Elle se pratique en chirurgie ambulatoire, sous anesthésie loco-régionale. Le patient est allongé et son membre supérieur repose sur une table à bras. L’intervention nécessite de mettre le poignet en distraction ; le bras sera donc attaché à la table, et la traction sur le poignet se fait par l’intermédiaire de doigtiers ou d’une main japonaise. Un garrot pneumatique est gonflé sur le bras pendant le geste, pour limiter le saignement à l’intérieur de l’articulation ; la durée est variable selon les cas, de 20 à 45 minutes le plus souvent.

Le principe est d’introduire dans l’articulation par une petite incision un système de vision monté sur un tube rigide, l’arthroscope, alimenté par une source de lumière froide, qui transmet l’image de l’intérieur sur un écran, grâce à une caméra branchée sur l’oculaire. Une ou deux autres petites incisions permettent d’introduire des instruments (crochet, pince, fraise, aspirateur, sonde de radio-fréquence, shaver…), ou des fils de suture lorsqu’une réparation ligamentaire est  possible.

L’ arthroscope mesure 2,7 mm de diamètre et 12 cm de longueur ; il permet une vision directe, ou oblique à 30° ; il est monté sur un système d’irrigation, car il faut le plus souvent remplir l’articulation de sérum physiologique pour améliorer la vision et  irriguer pour refroidir lors de l’utilisation des instruments qui produisent de la chaleur.

Les voies d’abord sont repérées en pré-opératoire grâce aux reliefs osseux ; elles sont localisées entre les tendons, et permettent d’explorer les 2 espaces radio-carpien et medio-carpien (le carpe est formé par 2 rangées successives d’os, il y a 2 articulations en une).

PHOTO DE LA PREPARATION AVEC LA TABLE ET PHOTO D’UNE VUE INTRA ARTICULAIRE, VOIRE PETIT FILM VIDEO

Après l’intervention, le poignet sera le plus souvent immobilisé par une attelle plâtrée, rapidement remplacée par une orthèse ; la durée de l’immobilisation dépendra de la pathologie.

 

 

Indications de l’Arthroscopie

L’arthroscopie du poignet est devenue un procédé essentiellement thérapeutique, mais elle garde un certain nombre d’indications à visée diagnostique. Ses indications ne cessent de croître grâce aux progrès technologiques, à la miniaturisation du matériel endoscopique, et à la recherche, sous l’égide de l’EWAS (European Wrist Arthroscopy Society).

Arthroscopie à visée diagnostique

  • poignet douloureux chronique avec des examens d’imagerie peu contributifs
  • bilan dynamique des instabilités
  • lésions anciennes du scaphoïde ou du ligament scaphoïde-lunaire
  • fracture de l’extrémité inférieure du radius pour le bilan des lésions cartilagineuses ou ligamentaires associées (complexe triangulaire, ligament interosseux)
  • exploration de l’articulation trapézo-métacarpienne

Arthroscopie à visée thérapeutique

  • fractures articulaires du radius distal : contrôle de la réduction articulaire, mise en évidence et traitement de lésions ligamentaires associées
  • traitement de certaines fractures du scaphoïde, voire des fractures articulaires de la base du 1ermétacarpien
  • lésions ligamentaires : complexe TFCC, ligaments interosseux (scapho-lunaire et luno-triquétral),  ligaments extrinsèques (technique du shrinkage)
  • polyarthrite rhumatoïde :  synovectomie articulaire
  • kystes synoviaux du poignet
  • séquelles douloureuses des fractures du radius du sujet âgé

L’arthroscopie est particulièrement indiquée en pathologie sportive et chez le sujet jeune car, comme pour les autres articulations, elle permet un geste plus précis que la chirurgie conventionnelle, au prix d’un abord chirurgical bien moins agressif qu’une chirurgie à ciel ouvert.